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Sortie : 21 mai 2010
96 pages
N° ISBN : 978-2-91635-532-0


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Sabine Pigalle

Sabine Pigalle, née à Rouen, vit et travaille actuellement à Paris. Photographe renommée dans le monde de la mode et de la beauté, ainsi que plasticienne, elle s’est aussi exercée au domaine de l’écriture avec deux ouvrages alliant textes et photographies, Toxi Food (2007) et Festins libertins (2009), tous deux parus aux éditions Intervalles.

Protectors

La série photographique intitulée “Protectors” traite de la perduration des mythes et de la cohabitation du monde profane dans la représentation du sacré. Elle juxtapose l’aspect corporatif de métiers reliés à la représentation superstitieuse de protecteurs.

Dans la religion chrétienne a priori monothéiste, les cultes voués à tout un cortège de saints renvoient à la pléiade de divinités rencontrées dans les civilisations antiques. Ces derniers constituent ainsi souvent les avatars de ces mêmes dieux, (ainsi, par exemple, la relation Apollon / Sébastien) et assurent la survie de rituels ancestraux et de croyances païennes avec lesquelles l’Église s’est ultérieurement “arrangée”.

Au Moyen Âge, les très puissantes corporations de métiers se regroupèrent sous l’égide et le patronage de saints, afin d’obtempérer au commandement de l’Église qui redoutait leur influence croissante et l’organisation d’un contre-pouvoir laïque.

Les croyances et superstitions rattachées aux légendes des existences terrestres de ces « idoles » variaient selon les régions et les époques, ce qui ajouta encore au folklore : très souvent différents saints furent proposés pour remplir la même fonction, de même que des fonctions variées furent attribuées à un même saint…

Cette série s’attache à illustrer librement et arbitrairement certains de ces « super héros » d’autrefois, sous forme de portraits / archétypes, parfois teintés d’inquiétante étrangeté. Le traitement esthétisant renvoie à l’univers pictural : les icônes peintes de blanc, illustrant parfois le martyre subi, munies de l’attribut du métier représenté, baignent dans une lumière sépulcrale, et font référence aux peintures des primitifs Flamands, mais aussi aux statues antiques par l’emploi de la nudité.

L’utilisation d’« objets / apanages » créés par des designers actuels permet d’ancrer le travail d’une façon contemporaine dans la transposition du mythe avec des objets insolites liés à notre époque.

En conclusion, cette série traite de l’héritage symbolique des mythes et leur imbrication dans notre culture moderne, alors même qu’a eu lieu depuis longtemps la séparation des deux mondes d’ordre temporel et spirituel.

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