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Sortie : 15 mai 2015
160 pages
N° ISBN : 978-2369560180
Traduit du grec par Françoise Bienfait et Jérôme Giovendo


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Gazmend Kapllani

Gazmend Kapllani est né en 1967 en Albanie. C’est aujourd’hui un auteur en vue, un dramaturge à succès, et son éditorial bihebdomadaire dans le plus grand quotidien grec, Ta Nea, fut une référence dans le monde des médias grecs et plus largement balkaniques. Après avoir vécu en Grèce pendant plus de vingt ans, il réside aujourd'hui aux Etats-Unis.

 

La dernière page

1943, Thessalonique. Les Allemands regroupent les Juifs grecs dans le ghetto, organisant des rafles et les premiers convois vers les camps en Allemagne. Léon, qui travaille dans la librairie française de la ville, s’enfuit avec sa famille en Albanie sous de fausses identités. À la fin de la guerre, devenu fervent communiste, il renie ses origines grecques et juives. Son fils Isa, le «  crypto-juif  », suit les traces de son père comme bibliothécaire, mais se trouve bientôt pris dans l’engrenage de la surveillance et des suspicions du régime.

2011, Tirana. Melsi, journaliste et écrivain albanais vivant en Grèce depuis 20 ans, est rappelé d’urgence car son père vient de mourir. Un père avec qui il a pris ses distances depuis la mort de sa mère et dont il ne sait plus grand-chose, sauf que son décès a eu lieu à Shanghai. Mais que faisait-il en Chine  ? Pendant les vingt-deux jours nécessaires au rapatriement du corps, il s’attache à surmonter les tracasseries administratives dont l’Albanie a le secret et à passer au peigne fin l’appartement de son père, où les objets lui semblent des fantômes muets. La découverte d’un cahier marron va pourtant lui dispenser quelques indices sur ce que fut la vie de ce père, dans ce quartier populaire de Tirana où lui-même a passé son enfance, sans se poser de questions ni jamais en poser à ses parents sur leur passé.

Pour aller plus loin

Dans La Dernière Page, à travers l’évocation d’un fils venu enterrer son père à Tirana, dans une Albanie proche du chaos, Gazmend Kapllani reconstitue l’histoire d’une famille dont la judéité cachée a jonché de secrets les destins de tous ses membres. Il met en scène deux hommes qui se sont ignorés, orphelins de leurs origines, et qui pourtant ont traversé, chacun à sa manière, un siècle mouvementé grâce à leur commune passion des livres et des langues. Il rapproche la déchéance de ces pères bousculés par l’Histoire à celle de l’Albanie pendant et après le communisme. Mais Kapllani met surtout en lumière la dérive de l’Albanie, écartelée entre l’enfer du régime d’Enver Hodja et son délitement actuel, avec le déferlement des poussées nationalistes.

La Dernière Page est un roman pessimiste, lucide, profond, où Kapllani illustre à travers des personnages vibrants d’humanité une détermination parfois désespérée à se construire une identité au-delà des frontières et des bannissements, une identité qui peut s’étayer sur l’amour des livres et des langues. Car « une langue n’appartient à personne », écrivait Kapllani dans Je m’appelle Europe.

 

Critiques

« Mise en garde : ce roman est absolument passionnant. » Yves Mabon

« Poignant et implacable. » Téri Trisolini, Hi-zine.fr

« Tout en interrogeant le lecteur sur la notion d’identité, vue comme un palimpseste volontaire ou contraint, La Dernière Page invite à un double voyage plus dense qu’il n’y paraît à travers l’histoire et le présent d’une Europe orientale en mouvement permanent. » Daniel Fattore

« Voici un roman aussi original que bien mené. » Journal du CRIF

« Un immense écrivain à découvrir sans tarder. » Le Courrier des Balkans

« Gazmend Kapllani démontre les répercussions de la grande Histoire sur un destin personnel (…) de façon factuelle sensible et originale. » Notes bibliographiques